Crise

La crise.

Elle est sur toutes les lèvres, nous envahit au quotidien. La crise est partout, pas de jour où elle n’entre dans une nouvelle famille, un atelier, une entreprise, une association ; elle s’insinue partout, elle nous nargue, jusqu’où ira-t-elle ?

Beaucoup en ont peur pour l’avenir incertain qu’elle entraîne, d’autres la combattent avec énergie, certains y voient l’occasion de  décupler leurs forces dans de nouvelles opportunités.

Peut-être est-elle, pour d’autres, l’alibi qui excuse ou permet beaucoup.

Pourtant, reconnaissons-le, elle est bien embarrassante pour ceux qui accueillent les plus faibles: ils sont, à cause d’elle, de plus en plus nombreux ; et les moyens pour les aider sont, à cause d’elle encore, de plus en plus réduits. Paradoxe impossible.

La crise s’insinue partout, elle nous nargue,
jusqu’où ira-t-elle ?

Mais en majorant ce qui se défait ou se transforme, on prend le risque de ne pas voir ce qui pourrait se restructurer ou le lien entre ces deux mouvements.

Et si cette fichue crise était une occasion de revisiter nos pratiques ?

Le terme grec « krisis » d’où vient notre crise, signifiait « séparer, distinguer, décider d’une action nouvelle », en quelque sorte, discerner.

Imaginons donc de repartir de l’avant en distinguant, en tranchant : où est l’accessoire, où est l’essentiel ? Et s’il y avait une autre économie que celle des chiffres et des courbes ? Quittons l’arithmétique ! Et si l’homme se retrouvait au centre de cette économie- là, et si nous essayions de l’aimer, de l’accueillir, d’être frère, en vérité ?

C’est la crise, on va essayer d’aimer.

Thierry O’Neill, président de l’Union diaconale du Var


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