Choisissons la sobriété heureuse !

De nombreuses administrations ne parlent plus que de « restrictions budgétaires », de « nécessité de faire des économies », de « réduction de moyens », alors même que les défis de la lutte contre la misère et l’exclusion ne cessent d’augmenter… Je me souviens avec nostalgie des convictions des commencements de l’aventure de la Diaconie. Nous aimions répéter : la pauvreté des moyens crée l’imagination. Aujourd’hui ces effets d’annonce ont plutôt l’effet de tétaniser les initiatives, de faire redouter le « burn out » aux plus actifs, et d’inciter au chacun pour soi associatif dans la concurrence des réponses aux appels à projets !

Je me suis pris à rêver l’autre nuit qu’une nouvelle génération de militants optimistes, habitués à l’esprit coopératif comme mode de vie (co-location, co-voiturage, co-working…), saurait nous aider à repenser le social en retrouvant l’innovation des projets. Alors ceux-ci pourraient se réfléchir autrement qu’en termes d’établissement à gérer, en redynamisant les démarches collaboratives qui donnent la première place à ceux qui en sont les premiers bénéficiaires, en trouvant sur les territoires des partenaires oubliés de la lutte contre l’exclusion sociale : la Poste, les banques, les entreprises, les paroisses, les producteurs, les sociétés de transports, les clubs culturels et sportifs, les utilisateurs d’internet, les habitants citoyens lambda etc.

Peut-être qu’en partageant nos richesses (matérielles, intellectuelles, intuitives et spirituelles), en retrouvant la solidarité interactive comme un nouveau mode de communication, et en faisant le pari d’une « sobriété heureuse » dans nos modes de vie, nous pourrons alors retrouver l’imagination créative des ingénieurs du social, bénévoles du bonheur ! Un idéogramme chinois qui définit la « crise « peut être traduit, paraît-il, par le mot « danger » ou par le mot « opportunité » : puissions-nous opter pour la seconde traduction ! C’est à cette seule condition que nous pourrons « habiter la terre » en coopérant ensemble à cette nouvelle convivialité sociale !

Par Gilles Rebêche, délégué épiscopal à la solidarité.


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    Virage serré

    Lorsque la route se dévoile au fur et à mesure que l’on avance, parce que bien sûr, « on trouve la route en marchant », comme nous l’enseigne notre fondateur, on est parfois confronté à des virages et certains sont plus serrés que d’autres. Alors, on ralentit puis on s’engage résolument en accélérant au cœur du virage pour tenir. C’est ainsi que l’UDV a pris son temps, plus d’un an depuis février 2017...

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