A la découverte de l’Escale Saint-Elme

A la Seyne-sur-Mer, l’Escale Saint-Elme est un établissement qui a ouvert ses portes en début d’année. Géré par les Apprentis d’Auteuil, il accueille 39 garçons Mineurs Non-Accompagnés (MNA). Accompagnés au quotidien par une équipe éducative, ces jeunes migrants originaires des 4 coins du monde ont l’opportunité de pouvoir développer leur propre projet de vie pour devenir autonomes et s’insérer dans la société française.   

Pour pouvoir se mettre en place, une telle réalisation a exigé un rassemblement de compétences, de personnes relais et de différentes expertises. Thierry O’Neill, président de l’UDV, et Gilles Rebêche, délégué diocésain à la solidarité ont ainsi pu y participer au sein du club des ambassadeurs des Apprentis d’Auteuil, rassemblant une quinzaine de personnes, pendant près de trois ans de travail.

Dans l’ingénierie de cette belle aventure tous ont épaulé à leur mesure le directeur de l’Escale Saint-Elme, M. Frédéric Baudot, que nous sommes allés rencontrer sur place et interviewer.

Bonjour M. Baudot : pouvez-vous nous donner les grandes lignes de votre parcours professionnel ?

J’ai 53 ans et je travaille dans la protection de l’enfance depuis plus de 30 ans. Je suis pourtant entré dans ce monde par hasard, suite à une rencontre fortuite avec un éducateur qui, dans la description qu’il m’a fait de ses missions, a éveillé en moi l’idée que cela donne un sens à ma vie.

Avant cela je vendais des disques et des vêtements aux puces de Clignancourt, je gagnais bien ma vie mais elle n’avait d’autre sens que la recherche de profits et plaisirs faciles.

A l’époque, il existait déjà des jeunes dits « incasables », gérés par les « Internats primaires de Paris » et placés en institution à la campagne. J’ai fait mes premières armes d’éducateur dans une institution créée par Gabriel Prévost, à Cempuis, dans l’Oise, nouvellement reprise par les « Orphelins Apprentis d‘Auteuil ».

Nous recevions des adolescents difficiles parce que violents. Au lieu de fuir, j’ai trouvé ma « vocation » d’éducateur à leur contact. Je n’étais pas de leur monde, mais le courant est passé tout de suite : réalisant que j’étais fait pour les accompagner, pendant 8 ans, j’ai été éducateur pour 2 associations différentes.

Je me suis formé progressivement : ça a été difficile de devenir moniteur éducateur car je n’étais pas scolaire, également de devenir éducateur spécialisé, me heurtant à des personnes empruntes d’idéologies et des certitudes conceptuelles et livresques, face à mes doutes et modestes convictions !

Au bout de 8 ans, je suis devenu chef de service dans une maison à la campagne en Indre et Loire. Ça a été difficile en raison d’une certaine forme de maltraitance managériale et pédagogique du directeur que j’ai d’ailleurs dévoilé à mon employeur avant de « mettre les voiles ».

J’ai quitté le monde associatif pour entrer dans la fonction publique hospitalière comme cadre socio-éducatif pendant presque 6 ans, dans le cadre des foyers de l’enfance.

J’ai réalisé qu’il y manquait une âme : les dimensions métaphysique, culturelle, spirituelle, historique ou religieuse étaient reléguées dans la sphère privée. L’individu était réduit à sa psyché, ses besoins dits « éducatifs relatifs à son quotidien », à ses appétences pédagogiques, biologiques…

Or c’est à ce moment-là que j’ai accueilli les 1ers mineurs étrangers isolés, il y a environ 20 ans.

A leur arrivée, ces Tchétchènes, Maghrébins, Chinois ou Roumains s’accrochaient à ces dimensions humaines et spirituelles fondamentales pour eux. Le refus parfois obstiné d’en tenir compte était violent. J’ai découvert qu’en France, collègues et collaborateurs étaient pointus sur les théories cliniques mais avaient oublié qu’on est dans un pays d’essence hellénistique et judéo chrétienne… Ainsi, nombre d’entre eux ne s’encombraient-ils pas de recherches pour trouver réponses aux questions existentielles que se posaient les jeunes…

Je suis ensuite descendu dans le midi pour occuper un poste de cadre au Centre départemental de l’enfance : il y avait alors beaucoup de choses à mettre en œuvre dans le cadre de la Loi du 2 janvier 2002. J’étais responsable des foyers pour petits et grands, ça a été un bref et bon moment.

J’ai ensuite été sollicité par Apprentis d’Auteuil pour reprendre la direction de la Maison d’Enfants à Caractère Sociale (MECS) St François de Sales à Marseille. Cet établissement, considéré par AA comme étant en situation de déshérence professionnelle sortait d’un audit aux conclusions sans fioriture déclenché par une visite inopinée des services de l’Aide Sociale à l’Enfance. Celui-ci montrait que les jeunes avaient pris le pouvoir et que l’institution était en grande difficulté et qu’il fallait urgemment mettre en œuvre les préconisations dudit audit.

Je pourrais écrire un bouquin sur ce que j’ai vu là-bas : un établissement où régnait la violence, la peur, des équipes désabusées, des personnes blessées par des maltraitances managériales…

J’ai d’abord regretté d’avoir quitté le confort de la fonction publique…

J’y suis allé assisté de 2 adjoints exceptionnels de courage et d’engagement.

J’avais carte blanche de l’ASE et d’AA pour redresser et professionnaliser l’institution : pendant presque 7 ans j’ai accompagné cette structure blessée et découvert à quel point un établissement pouvait être dysfonctionnant mais toujours « re-mobilisable ». Cela demande du courage managérial et l’acception de la solitude.

C’est alors que vous êtes venus dans le Var ?

En effet, j’ai répondu à l’appel à projets de reprise de la MECS La Valbourdine à Toulon, et l’ai remporté au nom d’Apprentis d’Auteuil.

J’ai alors mis en œuvre un projet expérimental basé sur le repérage des freins au bon fonctionnement relevés lors des expériences professionnelles précédentes. Nous avons monté une équipe pluridisciplinaire regroupant plusieurs filières métiers pour décloisonner et sortir du carcan des « fameux domaines de compétences » inhérents aux diplômes à la mode « franco-française ».

Pour permettre une prise en charge globale des jeunes, créer des réseaux opérants, développer les partenariats et enrichir les équipes, nous avons mis en place une équipe pluridisciplinaire composée d’infirmières, d’assistantes sociales, de conseillères en économie sociale et familiale, de maitresses de maison, d’éducateurs spécialisés, d’éducateurs techniques spécialisés, de moniteurs éducateurs, d’animateurs ; en tout 16 professionnels représentant toutes les filières métiers.

Nous nous sommes basés sur le modèle de la parentalité : les parents sont polyvalents et multi-compétents !

A la Valbourdine, où je suis resté 7 ans, nous accueillions 36 jeunes dont 31 internes et cinq sur un modèle d’accueil éducatif à domicile en prenant appui sur notre partenaire qu’est le Lycée Agricole Privé Provence Verte de Saint Maximin.

Avez-vous d’autres engagements professionnels ?

Oui puisqu’Apprentis d’Auteuil m’a demandé de reprendre en parallèle la direction du Foyer de Jeunes Travailleurs (FJT) de Brignoles : ce foyer qui s’appelait la Pierre d’angle est devenu la Résidence Provence Verte St Christophe.

Ce FJT met à la disposition des jeunes 14 places agréés par la CAF. J’ai proposé au Conseil Départemental d’accueillir 10 Mineurs Non-Accompagnés (MNA) au sein de cette structure, répartis dans 6 studios.

Six mesures d’intermédiation locative (appartements en diffus) sont délivrées par la DDCS pour permettre aux jeunes de l’établissement de pouvoir sortir du collectif et ainsi bénéficier d’une dernière passerelle pour s’insérer.

Aujourd’hui c’est une structure qui tourne bien avec sur place un chef de service dont l’énergie et la pugnacité démontrent que lorsque votre travail donne un sens à votre vie, vous pouvez déplacer les montagnes et transformer une structure moribonde en foyer de vie !

J’y suis présent 1 jour ou 2 par semaine, ce qui induit un « pilotage » à distance.

Découvrez notre reportage vidéo réalisé à l’Escale Saint-Elme

Tout ceci vous a conduit à créer l’Escale Saint-Elme ?

En effet, parallèlement à tout cela le Conseil Départemental du Var a lancé un appel à initiative pour, entre autres, assurer l’accueil de Mineurs Non-Accompagnés dans des structures collectives pour « désemboliser » les places en MECS, « vider » les hôtels occupés par des MNA, et accompagner dignement les jeunes relevant de l’assistance éducative.

J’ai bénéficié du soutien du Préfet Maritime et du Département pour trouver un lieu qui puisse répondre à deux conditions : un emplacement isolé du centre-ville mais également proche des moyens de transport, dans un lieu protégé.

J’ai alors trouvé ce lieu de l’Escale Saint-Elme construit initialement pour accueillir les militaires saoudiens à qui on vendait des vedettes, puis reconverti en centre de vacances pour les militaires (IGESA), et enfin laissé à l’abandon pendant plusieurs années…

J’ai obtenu du Ministère de la Défense une Autorisation d’Occupation Temporaire (AOT) de maximum 15 ans à titre gracieux, à condition que je mette l’établissement aux normes de sécurité et d’accessibilité.

En parallèle, le Conseil Départemental nous accorde une subvention de 450.000€ amortissable sur la première tranche de l’AOT de 5 ans, pour pouvoir accueillir les jeunes.

Le loyer est faible pour le Département, notre occupation ne coûte rien à l’armée qui souhaite garder ce site magnifique avec son exceptionnel fort XIXème, et cela nous permet d’offrir une prestation de service global hautement qualitative pour des jeunes en difficulté : tout le monde s’y retrouve !

Nos points de vigilance permanents sont l’acculturation et la transmission.

Pouvez-vous nous dire comment fonctionne l’établissement ?

Nous sommes ouverts depuis le 6 janvier et complets depuis fin janvier avec 39 jeunes, tous des garçons.

La finalité du projet d’établissement est de permettre aux jeunes qui pourront rester en France de bénéficier de leur séjour ici pour : accéder au tandem éducation/formation qui est dans l’ADN d’Apprentis d’Auteuil, et ce en prenant appui sur nos partenaires extérieurs tels que la Mission Locale, la Mairie, les associations du quartier, le Crédit Municipal, l’Imam de Toulon…

Notre objectif est que ces jeunes puissent s’acculturer : ce sont eux qui viennent vers nous et pas l’inverse. Nous devons les aider à éviter le regroupement communautaire quand ils vont quitter notre établissement. Nous devons faire en sorte que les jeunes puissent faire des choix libres et non conditionnés, en conscience.

Il s’agit de leur permettre d’embrasser les valeurs de d’acceptation de la différence inhérente à la laïcité, elle-même fondée sur le socle de notre culture judéo-chrétienne. Nos valeurs républicaines sont parfois en opposition avec celles de leur pays d’origine. A titre d’exemple, dans notre culture, on ne maltraite pas un apostat. Cette acculturation est fondamentale et nous devons nous-mêmes être porteurs de valeurs et savoir les décliner pour les défendre : pourquoi ne faisons-nous pas de différence entre les hommes, assurons-nous le même traitement aux femmes qu’aux hommes… ?

Nos points de vigilance permanents sont l’acculturation et la transmission.

Ainsi la 1ère des choses à faire est de définir quelles sont nos valeurs. Selon moi, la 1ère est : je donne de moi et je me donne, car transmettre c’est donner !

A l’escale St Elme, toute l’équipe est d’accord là-dessus : pluridisciplinaire, elle compte 14 personnes en journée et 5 surveillants de nuit. Les métiers sont divers : infirmières, éducateurs spécialisés, animateur sportif, juristes spécialisés en droit des étrangers, maîtresses de maison, 2 cadres intermédiaires… Je suis en poste à 40%.

Tout le monde dans l’équipe a une fonction éducative, y compris le cuisinier !

Les jeunes sont également associés au fonctionnement de la maison pour qu’ils ne croient pas que tout leur est dû.

Les jeunes de moins de 16 ans sont scolarisés, les autres ont des contrats d’apprentissage.

Nous sommes dans l’humain, ces jeunes ne sont pas des dossiers administratifs. Nous ne faisons pas de gestion de flux ici, nous cherchons à personnaliser et personnifier.

Il y a une devise apposée sur notre bâtiment pédagogique qui est tirée d’Emmanuel Levinas : « quand le visage de l’autre m’apparait, il m’oblige ».

Ici on ne calcule pas et on ne compte pas. Nous sommes là pour que ça fonctionne, pour donner et se donner.

Notre établissement a également vocation à accueillir largement toutes les personnes de bonne volonté qui souhaitent venir nous aider à faire grandir nos jeunes car nous ne sommes pas dans une « réserve d’Indiens », mais dans une maison d’enfants.

Voir l’appel aux bénévoles relayé en fin d’article.

Votre arrivée a-t-elle été bien accueillie dans ce quartier résidentiel ?

Nous avons été remarquablement bien accueillis par le maire et l’équipe municipale de la Seyne-sur-Mer mais également par le voisinage, en particulier par le Comité d’Intérêt Local (CIL) des Sablettes qui m’a permis de pouvoir présenter le projet aux habitants.

Etant moi-même loin des contingences politiques, j’ai demandé à l’opposition de ne pas se servir du malheur des autres pour faire campagne… Et il faut admettre que chacun a su raison garder et se départir de cette tentation.

J’ai pris le temps de bien expliquer ce que nous allions faire à St-Elme.

Le 8 janvier j’ai participé à une table-ronde qui a réuni environ 100 personnes pour présenter le projet et les équipes à tout le monde. J’ai bien précisé que je ne m’occupais pas de ces jeunes par idéologie !

Avec M. le Maire on est tombé d’accord sur le fait que ces jeunes sont là et qu’il faut faire le maximum pour les accueillir. J’ai d’ailleurs été heureux de découvrir que sur son blog, le maire Marc Vuillemot a cité Don Bosco en indiquant que « si nous ne nous occupons pas de ces jeunes, alors ce sont eux qui s’occuperont de nous demain… ».

Aider son prochain est la seule cause noble qui nous permet de déplacer des montagnes !

Qui sont les jeunes que vous accueillez ?

Ces jeunes sont troublants car ils ont une forme de maturité liée à leur histoire de vie. Tous ont eu un parcours traumatique qu’ils tentent parfois de dissimuler. Ils ont tendance à se regrouper par ethnie : leurs repères sont la religion et leurs semblables. Ils ne se mélangent pas automatiquement entre eux, c’est à nous de créer la mixité humaine par le partage des cultures.

Leurs origines sont diverses : Mali, Guinée, Côte d’Ivoire, Sénégal, Tunisie, Algérie, Bangladesh, Albanie, Kurdistan…

Actuellement nous n’accueillons plus de Chinois, d’Afghans, de Roumains, de Tchétchènes, d’Irakiens ou de Sikhs. Les flux varient en fonction des réseaux de passeurs.

La plupart des jeunes viennent pour une immigration économique.

Concernant leur situation administrative : pris en charge avant leurs 16 ans par l’ASE, l’autorisation de résidence en France à leurs 18 ans est sensée être de plein droit. Après 16 ans, le Préfet Départemental est souverain dans sa décision de délivrer une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF) ou un titre de séjour en fonction, entre autres du parcours du jeune pendant sa minorité.

L’OQTF est rarement mise en œuvre. Les jeunes tombent alors dans la clandestinité : le risque est qu’ils soient récupérés par des réseaux fondamentalistes ou criminels…

Face à cette situation, je ne peux pas influencer les politiques publiques par mon vote, je ne peux que constater la présence de ces jeunes et mettre en œuvre mon savoir-faire issu de ces 20 ans de pratique professionnelle. Ainsi je me mets au service des politiques publiques pour aider ces jeunes à s’insérer et pour qu’ils deviennent des atouts pour la France.

Je me refuse à porter un jugement sur leur présence sur notre sol. Je ne suis pas là pour réparer, ma vie continue à prendre sens à travers une action utile.

Je fais mon devoir citoyen avec mon savoir-faire, en me mettant au service de ces jeunes en tant que professionnel de la protection de l’enfance.

Découvrez notre reportage photo réalisé à l’Escale Saint-Elme
Avez-vous envie de développer d’autres projets ?

Force est de constater qu’en matière de protection de l’enfance, les résultats de notre système ne sont pas au rendez-vous dans la durée : il y a beaucoup d’échecs, beaucoup de jeunes placés par l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) se retrouvent dans les structures d’aide sociale pour adultes (CHRS ou en grande précarité).

J’ai beau ne pas manquer de travail, je me dis qu’on ne peut pas se limiter au seul constat de cet état de fait.

J’ai donc décidé d’en parler à l’ensemble des pouvoirs publics qui peuvent être concernés de près ou de loin par les parcours de ces jeunes pour créer une réponse ou des réponses innovantes qui puissent les favoriser par rapport aux autres jeunes sans accidents de parcours notables.

J’ai donc rencontré la mairie de Toulon, TPM, le Département, la Région, la Préfecture, la DDCS, la DDTM, la CAF, l’ARS… pour leur dire : il faut impérativement créer un dispositif expérimental pour donner les mêmes droits à ces jeunes qu’à ceux qui disposent d’un soutien parental.

Parmi ces droits : le droit à l’erreur, à changer d’avis, à poursuivre ses études, au passage à vide, au doute…

Après un véritable parcours du combattant et le soutien sans faille de la Préfecture et de la CAF, nous allons ouvrir courant mai à Toulon un FJT de 43 places qui s’appelle la Résidence Sociale à Orientation Educative (RSOE) du Fort St Antoine.

Tous mes engagements sont résumés dans cette devise apposée sur le mur d’un de nos bâtiments : « le sens de ta vie est de trouver ton don, le but de la vie est de le donner ».

Aider son prochain est la seule cause noble qui nous permet de déplacer des montagnes !

Propos recueillis par Christophe Parel, responsable communication de l’UDV
Prises de vues photo/vidéo : Bénédicte Parel, bénévole
Illustration : Bruno Bourdeau, graphiste au service communication de l’UDV

L'Escale Saint-Elme vue par Bruno Bourdeau.

L’Escale Saint-Elme vue par Bruno Bourdeau.


Pour aller plus loin

Devenez bénévole !

L’Escale Saint-Elme est à la recherche de bénévoles pour des activités diverses : soutien scolaire et FLE, aide à la mise en place d’un verger/potager, élagage et entretien des espaces verts, compétences en maçonnerie, ménage et grand entretien, habilitation à l’encadrement d’activités nautiques… Elle est également à la recherche de dons de vélos, remorques, mobylettes, vespa, scooters, jeux de plein air…

Contact : Frédéric Baudot, directeur de l’établissement. 06.60.03.86.98 et frederic(point)baudot(arobase)apprentis(tiretdu6)auteuil(point)org

La vie à l’Escale pendant le confinement

Notre reporter bénévole Aline Racheboeuf a joint Frédéric Baudot pour connaître la vie à l’Escale pendant les 2 mois de confinement que la France a vécu du 17 mars au 10 mai. Voici son récit.

« Comment ces 39 jeunes, leurs éducateurs et tout le personnel ont-ils vécu ces semaines de confinement au sein de l’Etablissement ?

Frédéric Baudot a accueilli mon appel téléphonique avec beaucoup de sympathie malgré des journées bien remplies par la gestion des 3 établissements dont il a la charge, ce dont je tiens à le remercier.

Tout s’est bien passé mais il faut veiller à ce que les journées restent organisées de façon régulière. Ainsi, chaque matin, les jeunes reçoivent 2 heures de cours de français, pour lesquels il est fait appel à l’association CAAA et à ses supports.

Les après-midi sont consacrées à toutes sortes d’activités :

  • Il y a les espaces verts à entretenir et le potager.
  • Un poulailler a été créé et il est prévu de réaliser un enclos pour y accueillir 3 ânes. Nous savons combien l’animal est générateur de confiance pour le jeune car il accepte l’autre tel qu’il est tout en lui apprenant la patience et l’art de la vraie relation. En fait, celui qui apprivoise l’autre n’est pas celui qu’on pense !
  • Bien sûr il y a aussi le sport : les jeunes jouent au football, au tennis, au badmington…

Tout le monde est très occupé, toute l’équipe d’encadrement est sur place. Ce travail demande à la fois de la ténacité et de l’enthousiasme car il faut tenir le coup dans la durée. Nous sommes en plein Ramadan et presque tous les jeunes le suivent, cela donne une couleur particulière à ces semaines. Ce qui ne les empêche en rien de participer au fonctionnement de la maison comme en temps normal.

En fait, à Saint-Elme, le terme de confinement ne veut pas dire manque d’espace, sorte de réclusion.  Dans ce domaine où la nature se montre accueillante et généreuse, cette actuelle « restriction de la liberté d’aller et venir » se teinte du plaisir de profiter de l’espace et du paysage.

Avec, au détour d’un bâtiment, sur une façade, quelque maxime empruntée à des « personnages » les plus divers : de Raïssa Maritain à Mère Teresa en passant par Devos, Brassens et Desproges, sans oublier le P. Brottier, fondateur des Orphelins d’Auteuil et membre de la Congrégation du Saint-Esprit. Comme un jeu de piste !

Voyageurs sans bagages arrivés de partout après des jours et des nuits au rythme d’aventures  incroyables, ces jeunes trouvent à Saint-Elme, de la part de la nature comme de l’équipe, l’accueil chaleureux et réconfortant dont ils ont besoin pour se remettre debout et repartir dans la vie.

Il n’est, pour s’en convaincre, qu’à regarder la belle vidéo qui est offerte au lecteur !

Aline Racheboeuf, reporter bénévole pour IOTA

Ressources documentaires

Découvrez la présentation de l’Escale Saint-Elme 

Découvrez la présentation de la Résidence Provence Verte Saint-Christophe

Découvrez la présentation de la Résidence sociale à orientation éducative du fort st Antoine

Découvrez l’article de Var Matin annonçant la création de la résidence sociale à orientation éducative du fort st Antoine

Découvrez le projet d’établissement détaillé de l’Escale Saint-Elme


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