Une seconde vie pour les vêtements…Et les personnes !
Plongée au cœur de Var Azur Linge, un chantier d’insertion varois qui conjugue économie circulaire et rebond humain.
Dans les ateliers de Var Azur Linge, les vêtements s’empilent, se trient, se repassent, se valorisent. Mais derrière chaque chemise, chaque paire de chaussures ou chaque manteau, il y a bien plus qu’un simple geste écologique. Il y a des parcours de vie. Des hésitations. Des reconstructions. « Notre mission première, ce n’est pas le vêtement. C’est l’insertion », pose d’emblée François Fogu, directeur de la structure depuis 1998.

François Fogu, le directeur, à gauche et Anne Berthelot, la coordinatrice, à droite, elle qui prendra la direction de l’association dans quelques mois.
« On nous appelait les chiffonniers ».
Créée en 1990 grâce à une coopération interassociative entre le secours Catholique, l’Union Diaconale du Var, l’équipe Saint Vincent de Hyères et l’association d’étudiants toulonnais CORALIE, Var Azur Linge naît bien avant que la seconde main ne devienne tendance. « Le but était alors d’établir un cadre structurel qui permette d’organiser la collecte de vêtements et la redistribution, se rappelle François Fogu. Parce que cela existait, mais de manière très désordonnée » Et de préciser :
« Mais il faut savoir qu’à l’époque, vendre des vêtements d’occasion, c’était presque honteux. On nous appelait les chiffonniers et les premiers bénéficiaires se cachaient pour venir ».
L’idée est pourtant visionnaire : collecter les textiles pour éviter le gaspillage et créer de l’emploi pour des personnes éloignées du marché du travail. « La finalité de ce projet, c’était la réinsertion par le travail des personnes qui en étaient éloignées », précise François Fogu. Pourtant, dans les premières années, le modèle économique est différent. Une grande partie des vêtements est vendue à l’export, envoyée en Afrique ou dans les pays de l’Est moyennant un prix au kilo. Peu à peu, la stratégie évolue. L’objectif devient plus clair : transformer la collecte en activité locale, professionnaliser le tri et développer un réseau de boutiques et de centres de tri pour y faire travailler des personnes en réinsertion. D’entreprise d’insertion, Var Azur Linge devient alors chantier d’insertion.

Tous les prix, toujours très bas, et toutes les tailles sont disponibles dans les boutiques de l’association.
500 tonnes par an… et autant d’histoires.
Aujourd’hui, Var Azur Linge collecte environ 500 tonnes de textiles par an. Ce qui fait sa singularité, c’est le don direct. Les particuliers déposent leurs vêtements en boutique ou à l’atelier. « Les gens voient ce que deviennent leurs dons. Ils savent que ça finance de l’insertion. Ça change tout », explique Anne Berthelot, coordinatrice. Sans oublier le travail des antennes du Secours Catholique et d’autres associations du réseau qui recueillent les textiles et permettent à Var Azur Linge de les récupérer en tournées.

L’atelier de La Garde.
Dans les ateliers, les équipes trient, évaluent, repassent, mettent en valeur. Les produits sont ensuite acheminés en boutique. Rien n’est laissé au hasard et les équipes sont intransigeantes sur la qualité, comme aime à le dire François Fogu :
« On ne vend pas du “vieux”. On vend du beau, du propre, du choisi. On ne met pas en rayon quelque chose que nous ne porterions pas nous-mêmes ».
Les boutiques, aujourd’hui au nombre de 8 dans le Var ( 3 à Toulon, une à La Seyne-sur-Mer, deux à Hyères, une à Sainte-Maxime et une à Fréjus), sont devenues de véritables espaces attractifs. La clientèle s’est transformée. « Ce n’est plus du tout la même image, explique Anne Berthelot. La seconde main est devenue tendance. On accueille des étudiants, des familles, des retraités. La prise de conscience écologique nous a mis à la mode et c’est tant mieux ».

Les biens, textiles, accessoires et habillement, sont stockés dans les ateliers avant d’être mis en vente en boutiques. La décoration des lieux est assurée par les salariés de l’association.
Un tremplin vers l’emploi durable.
Derrière les portants, c’est donc un autre travail qui s’opère : celui de l’accompagnement. Var Azur Linge dispose de 45 postes en contrat d’insertion. En moyenne, 80 personnes par an y passent pour reconstruire un projet professionnel. Les agréments sont d’une durée de 24 mois maximum en CDDI (Contrat à Durée Déterminée d’Insertion). « Quand ces personnes arrivent, beaucoup sont très loin de l’emploi. Elles ont connu des échecs, parfois des blessures profondes ». Les salariés travaillent 26 heures par semaine. Ils sont encadrés techniquement et accompagnés socialement. « On ne leur donne pas juste un emploi temporaire. On est là, avec nos équipes d’encadrants, pour qu’elles se forment et/ou trouvent un autre emploi », précise Anne Berthelot. Immersions en entreprise, formations, soutien administratif, travail sur la confiance en soi… Le parcours est aussi exigeant qu’encadré. Et les transformations sont parfois spectaculaires. François Fogu :
« Au bout de quelques semaines en boutiques, dans nos ateliers ou à la responsabilité des tournées, on voit les premiers changements. Souvent, ces personnes sont métamorphosées. Elles osent parler aux clients. Elles prennent des initiatives. Elles retrouvent confiance. C’est magnifique à voir ».
Donner, acheter, insérer : une chaîne solidaire.
À Var Azur Linge, rien n’est anodin. Le donateur participe à un projet social. Le client soutient un chantier d’insertion. Le salarié retrouve confiance. « Le vrai sujet, c’est la personne« , confie Anne Berthelot. Trente-six ans après sa création, la structure continue d’avancer avec la même conviction. Celle que recycler, c’est important. Mais réinsérer, c’est essentiel. Et dans les allées des boutiques, entre les portants soigneusement ordonnés, c’est bien cela qui se joue chaque jour : une seconde chance.
L’exemple de Yakhya Sow, responsable de l’atelier de La Garde :

Yakhya Sow, aujourd’hui responsable de l’atelier de La Garde, autrefois en Contrat à Durée Déterminée d’Insertion dans ce même atelier.
Yakhya n’est pas encore trentenaire et il est déjà responsable de l’atelier et centre de tri de Var Azur Linge de La Garde. Pourtant, le jeune homme a connu les galères et c’est grâce au chantier d’insertion de l’association qu’il a pu retrouver le chemin de l’emploi. Son large sourire accroché en permanence sur le visage, il nous raconte : « J’ai été en Contrat à Durée Déterminée d’Insertion ici pendant 24 mois. Quand il s’est terminé, la responsable de cet atelier quittait ses fonctions. On m’a proposé de la remplacer en Contrat à Durée Indéterminée cette fois. J’ai accepté. J’ai saisi cette belle opportunité professionnelle qui marquait une étape dans ma réinsertion. Aujourd’hui, je prends en charge des personnes qui traversent ce que j’ai traversé et j’espère pouvoir leur être le plus utile possible ».
Les 8 boutiques de Var Azur Linge :
Toulon :
- 262 avenue François Cuzin, Saint-Jean-du-Var : 04 94 31 07 44.
- 42 bis, rue Victor Clappier, centre ville : 04 94 15 22 47.
- 21 rue du Jeu de Paume, Pont du Las : 04 94 62 80 31.
La Seyne-sur-Mer :
- 54 cours Louis Blanc, centre ville : 04 94 94 35 33.
Hyères :
- 1 rue Jean Ribier, centre ville : 04 94 35 63 09.
- 61 avenue Alphonse Denis, centre ville : 04 94 75 73 39.
Sainte-Maxime :
- Galerie Ambre Marine, centre ville : 04 94 49 35 47.
Fréjus :
- 87 avenue de Verdun, centre ville : 04 94 51 39 15.
Ateliers de collecte, tri et vente aux professionnels et aux particuliers :
- 42 bis rue Victor Clappier à Toulon : 04 94 15 22 47.
- 98 imp Branly, ZI Toulon Est à La Garde : 04 94 14 03 05.
- 7 rue Félix Martin à Sainte-Maxime : 04 94 43 81 48.
- 87 avenue de Verdun à Fréjus : 04 94 51 39 15.
Président de l’association : Noël Gandillet. Partenaires institutionnels : DDETS du Var, France Travail, Conseil Départemental (pour les parcours des bénéficiaires du RSA).
Si vous souhaitez faire un don, contactez le siège de Var Azur Linge au numéro et à l’adresse mail indiquée :
Contact du siège : 04 94 36 74 54 / [email protected]




