La levée des freins à l’emploi au cœur du dispositif NOE

L’UDV porte depuis bientôt un an le dispositif NOE, comme « Nouvelle Opportunité pour l’Emploi », sur la Métropole Toulon Provence Méditerranée afin de recréer des nouvelles perspectives d’embauche pour le public qui en est le plus éloigné. À ce jour, 40 personnes ont déjà été repérées et sont accompagnées par les équipes de NOE qui ont su établir de véritables passerelles vers l’insertion grâce à la levée des freins à l’emploi.

Lauréate d’un appel à manifestation d’intérêt général lancé par la Direction Régionale de l’Économie, de l’Emploi, du Travail et des Solidarités (DREETS) (voir article IOTA de juin 2025 ICI) l’UDV a pour objectif d’aller à la rencontre des publics dits « invisibles » : des personnes très éloignées de l’emploi, sans droits ouverts, en situation de grande précarité, souvent isolées et peu connues des structures traditionnelles d’accompagnement. Ces publics cumulent des freins d’ordre social, administratif, psychologique ou de santé. Pour ce faire, l’offre, appelée NOE, s’articule sur plusieurs axes et elle s’est développée au fil des mois. Audrey Raspollini, conseillère en insertion sociale et professionnelle, nous l’explique : « L’objectif est l’insertion professionnelle via l’emploi et la formation. Notre public étant considéré comme invisible, un accompagnement global est nécessaire ». « Notre action s’organise selon 4 axes, précise Sandrine Lopez, coordinatrice sociale de NOE. Le repérage, la remobilisation, l’insertion professionnelle et la coordination ».

Favoriser l’apprentissage du français et la mobilité

Dans le volet remobilisation, les équipes de NOE ont décidé de mettre en place plusieurs ateliers pour favoriser le retour à l’emploi, notamment autour de l’apprentissage de la langue française et de la mobilité.

« Lors de la phase de repérage, on s’est aperçu que beaucoup de personnes ne parlaient pas le français et n’étaient pas mobiles, confirme Sandrine Lopez. Les deux cumulés, cela crée un gros frein à l’insertion et au retour à l’emploi. Nous sommes là pour lever ces freins, donc nous avons lancé des ateliers de Français Langue Étrangère, de remise à niveau de la langue française et des cours de code de la route pour faciliter l’accès au permis de conduire et donc à la mobilité ».

C’est ainsi que le rez-de-chaussée du secrétariat général de l’UDV, au 363 avenue Colonel Picot, accueille des cours de Français Langue Étrangère et de remise à niveau du Français 4 demi-journées par semaine ainsi que des cours de code deux demi-journées par semaine.

Nelveen Tastevin, bénévole qui assure les cours de FLE au public accompagné par NOE.

« J’insiste sur la phonétique et le lien entre les lettres »

Repéré et conduit vers NOE par Corinne Schmitt, responsable du service bénévolat et volontariat de l’Union, Nelveen Tastevin, infirmier de métier, prend sur son temps libre pour animer les cours de FLE le lundi et le mardi après-midi ainsi que le jeudi matin : « Je cherchais à faire du bénévolat dans un domaine qui n’est pas forcément le mien au départ. Ce que propose l’UDV et NOE m’a bien plu et je me suis proposé pour animer les cours de FLE. J’ai demandé conseil à une institutrice de ma famille pour structurer mes cours. Je tente de familiariser les personnes que nous accompagnons avec les bases du français, surtout le parler, en insistant sur la phonétique et le lien entre les lettres. C’est utile pour eux et très enrichissant pour moi également. Ils m’apportent beaucoup. Le bénévolat est vraiment quelque chose d’extraordinaire ». Un autre bénévole, Philippe Mellet, assure quant-à lui des cours de remise à niveau du français, le mardi après-midi.

De gauche à droite : Joséphine, Masséloho, Nelveen, Alexander et Yulin.

Le jour de notre présence, un jeudi matin, ils sont 4 à suivre le cours de Français Langue Étrangère proposé par Nelveen : Josephine, Masséloho, Alexander et Yulin. Chacune et chacune son parcours, ses raisons d’être-là et ses objectifs. Mais un constat partagé par tous : ces cours de FLE leur sont très utiles.

« J’apprends à lire et à répondre aux messages sur mon téléphone, explique Joséphine, qui vient de Guinée. J’ai appris les consonnes, les voyelles, le présent, le futur… Je fais les efforts parce que Nelveen en fait tellement pour nous que je veux lui rendre ce qu’il donne. C’est important pour mon futur. Je veux pouvoir vérifier les cahiers d’écoles de mes enfants plus tard ».

« Cela m’aide beaucoup pour les rendez-vous administratifs, confie Masséloho, qui vient elle de Côte d’Ivoire et appelle son professeur « Monsieur Nelveen ». Je suis bien plus à l’aise avec le français maintenant qu’il y a 3 mois ». Alexander, qui a quitté le Nicaragua, explique quant à lui que Nelveen est un « très bon professeur ». Yulin, qui arrive de Taïwan, reconnait qu’elle « comprend mieux le français qu’elle ne le parle » mais est fière des « progrès réalisés ».

Les cours de code assurés par Aniss.

« Dans mes séances, j’aime que cela vienne du groupe »

Pour la préparation à l’examen du code de la route, c’est Aniss Salama Ahamadi qui intervient depuis le mois d’octobre en tant qu’animateur numérique pour le dispositif NOE en prestation de service de l’association Amitiés Cité – UDV. Il prépare à l’examen du code les personnes prises en charge par NOE en s’appuyant sur des ateliers et exercices fournis par l’association Roole, qui accompagne des personnes en insertion qui souhaitent passer leur code. « J’utilise ces ateliers qui sont très bien faits et j’ai également accès aux codes Rousseau classiques et habituels, détaille Aniss, qui propose à ses apprenants des exercices de questions-réponses, des quizz, des jeux participatifs et les accompagne même dans la création de leur code NEPH pour s’inscrire en ligne à l’examen.

« Le groupe est très participatif et c’est ce que je recherche. Dans mes séances, j’aime que cela vienne du groupe et c’est le cas. Ils sont investis et je constate des progrès dans tous les domaines, car ce sont les mêmes personnes qui suivent les cours de FLE ».

L’accompagnement global du dispositif NOE prend donc ici tout son sens et fait la preuve de son efficacité.

De gauche à droite : Pauline Justin, Sandrine Lopez et Audrey Raspollini.

Bientôt 4 salariées et 8 bénévoles

NOE propose également d’autres ateliers favorisant l’insertion ou la réinsertion comme par exemple « La confiance en soi », « L’estime de soi », « Mon chemin en image » pour la connaissance de soi. Mais également l’identification des compétences avec savoir-être, savoir-faire et savoir, des aides aux démarches administratives et des actions d’accès au droit comme l’actualisation France Travail et la déclaration trimestrielle de ressources (DTR) pour la CAF, les techniques de recherche d’emploi (TRE), des aides à la vie pratique (cuisine, couture) ou encore des ateliers solidaires en coopération avec La Ressourcerie de la Rade – UDV. Un gros travail de repérage a été fait en amont par les équipes (Sandrine Lopez avec ses anciennes collaboratrices mises à disposition par Amitiés Cité – UDV, Christelle Lecart et Shéhérazade Benkaddour) qui ont noué contact avec des organismes qui à présent orientent leurs publics vers NOE. Citons la SPADA (Structure de Premier Accueil des Demandeurs d’Asile), Welcome Var, sans oublier le maillage tissé avec les associations de l’UDV, notamment Les Amis de Jéricho – UDV, Logivar – UDV ou encore le CAAA – UDV.  Au total, 80 personnes ont été identifiées par les équipes de NOE, dont la moitié, éligible, est déjà accompagnée par notre équipe. Les personnes non éligibles sont celles déjà suivies par France Travail ou qui ne répondent pas aux conditions de l’administration. D’autres avaient déjà trouvé un emploi pendant la phase de repérage. À noter que Pauline Justin vient de renforcer l’équipe de NOE en tant que Conseillère en insertion sociale et professionnelle courant janvier, elle assurera notamment des permanences à la Maison des Familles ISA – UDV de Hyères une à deux fois par semaine. Elle est donc la troisième salariée du dispositif avec Sandrine Lopez et Audrey Raspollini. Une Conseillère en économie sociale et familiale devrait être recrutée courant février. 6 bénévoles sont mobilisés sur l’ensemble du dispositif NOE : Olivier Coupry, chargé de mission NOE à l’UDV, qui chapeaute le dispositif, Nelveen Tastevin, Philippe Mellet, Laurence Barthélémy, Anne Paule et Laure Hauserman.

Pour en savoir +sur NOE, CLIQUEZ ICI

Pour rejoindre le dispositif NOE en tant que bénévole, CLIQUEZ ICI

Pour faire un don à l’UDV et soutenir l’ensemble de nos actions, CLIQUEZ ICI


About the Author



Comments are closed.

Haut de page ↑