Au sein de l’UDV : une mission santé « aux petits soins »

Santé et bien être La santé, un "capital" lié à de très nombreux facteurs

La santé, un « capital » lié à de très nombreux facteurs

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Lorsqu’une nouvelle année commence, la tradition nous incite à offrir des vœux que nous proclamons nombreux et sincères. Vœux pour une bonne année, avec à disposition tout ce que nous rêvons de posséder, mais vœux qui vont toujours de pair avec des souhaits de bonne santé, car… « tant qu’on a la santé… » !

En 1946, le préambule de la constitution de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) posait cette définition : « La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social ».       

Vision idéale que l’on aimerait pouvoir contempler dans toute sa splendeur, en nous-mêmes d’abord et en tous ceux que nous côtoyons. Mais nous savons pertinemment que la perfection n’est pas de ce monde et que notre qualité de vie dépend bien souvent du milieu où nos choix, les hasards ou les nécessités nous ont placés.

Que dire alors des populations dont les conditions d’existence vont se dégradant ou sont déjà plus que détériorées, des personnes de tous âges qui n’ont plus la capacité de faire face aux aléas du quotidien ?…

Qu’elles ont été victimes de la fatalité ?

Dans les Promo Soins du réseau UDV, de nombreux bénévoles sont impliqués, notamment pour l'accueil

Fatalité, ce nom commun évoque essentiellement le tragique de ce qui nous arrive. Déesse aux yeux bandés des Grecs et des Romains, son nom, Ananké, figure en première page du Notre-Dame de Paris de Victor Hugo, pour évoquer les tristesses de certaines existences. Et concernant les plus démunis, elle est toujours aussi cruelle.

Ensemble pour aller plus loin

Depuis 35 ans, l’Union Diaconale du Var (UDV), sous la houlette de Gilles Rebêche, son « inventeur », « oriente son action en priorité vers les personnes les plus démunies, convaincue que chaque citoyen a droit à une vie normale dans un souci de justice, d’égalité des chances  et d’équité. » Cet extrait est tiré de l’article Création d’un comité éthique inter-associatif dans le secteur social, écrit par Laurence Boillée et Christophe Parel, et publié dans La Revue française de service social, parue en décembre 2012.

Et toutes les associations membres de l’UDV au cours de ces années s’impliquent jour après jour à agir sur des terrains qui ressemblent parfois à des sables mouvants. A ces 28 associations s’ajoutent des partenaires : collectivités publiques, autres associations ou fondations, acteurs du monde économique et du monde religieux…

Tout cela dans un but unique : placer la vie humaine au-dessus de toute considération, le faire ensemble, avec un regard respectueux qui privilégie la qualité de la vie et aide le plus démuni à retrouver sa dignité face à ceux qui ont plus de chance que lui.

Environ 250 salariés et plus de 1000 bénévoles sont ainsi au service de plus de 25.000 personnes accueillies aux quatre coins du Var.

Santé et précarité

Revenons sur ce terme de précarité, telle que Joseph Wresinski, prêtre et fondateur du mouvement ATD Quart-Monde, la définissait en 1987.

« La précarité est l’absence d’une ou plusieurs des sécurités, notamment celle de l’emploi, permettant aux personnes et familles d’assumer leurs obligations professionnelles, familiales et sociales, et de jouir de leurs droits fondamentaux. L’insécurité qui en résulte peut être plus ou moins étendue et avoir des conséquences plus ou moins graves et définitives ». 

L’une de ces conséquences est que le lien entre cette situation et la santé est particulièrement visible. C’est pourquoi, en avril 2017, l’UDV et l’Agence Régionale de Santé (ARS) ont décidé de resserrer leurs liens au service des plus fragiles grâce à une Convention Pluriannuelle d’Objectifs (CPO).

Cette alliance prévue pour 4 ans permet une coordination de l’action et du partenariat, grâce au versement d’une subvention reçue par l’UDV et répartie ensuite aux associations concernées : les 4 Promo-Soins, Kaïré, Romespérance, ISA, Dracénie Solidarités, EPAFA, Amis de Paola, Centre départemental.

On peut dire que Kaïré est exemplaire dans le domaine psycho-social, qui rejoint le domaine de la santé. A travers ses ateliers, elle s’est spécialisée dans l’accès à la culture pour tous, et particulièrement pour les personnes en précarité, dans un souci de mixité sociale.

Certaines associations ne sont pas dans la CPO, mais mènent aussi des actions de santé, par exemple :

  • Amitiés Cité, avec la population de l’épicerie solidaire,
  • Les Amis de Jéricho, avec l’action « Sport Santé ».

Bien entendu, cette convention n’est pas figée : elle appelle au contraire à découvrir ensemble des initiatives, des propositions et des actions susceptibles de faire avancer dans la lutte contre l’exclusion.

L’accompagnement se montre plus efficace parce que mieux adapté aux personnes et à leur environnement. Les problèmes, bien posés, doivent susciter des réponses en actes jusqu’aux niveaux les plus bas : l’accueil et l’écoute nécessitent une coordination indispensable pendant tout le parcours des personnes dont on prend soin.

Cliquez sur les liens ci-dessous pour consulter les brèves IOTA annonçant le projet et la signature de la CPO entre l’ARS et l’UDV :

http://iota.udv-asso.fr/soigner-les-plus-fragiles/

http://iota.udv-asso.fr/cpo-entre-lars-ludv-a-ete-signee/

Enjeux et spécificités

En 2013, la région Paca était la 3ème région de France métropolitaine pour la proportion des personnes en situation de précarité. On peut évoquer aujourd’hui des populations en souffrance, sachant combien sont nombreux à l’heure actuelle les visages de cette souffrance… et des visages auxquels la plus élémentaire humanité commande de donner des réponses adaptées.

Spécificités actuelles à considérer :

  • Le vieillissement des populations en précarité, avec les problèmes de perte d’autonomie, d’hygiène.
  • La progression de maladies chroniques comme le diabète, ou de pathologies lourdes comme le cancer.
  • La prise en charge des mineurs isolés, migrants ou non, dont le nombre est en constante augmentation et pour lesquels l’apprentissage de la vie sociale est indispensable mais bien difficile.
  • L’augmentation de la précarité en milieu rural : là aussi, les difficultés se font de plus en plus nombreuses, avec les personnes âgées isolées et les familles qui ont cru trouver une vie meilleure en fuyant les cités : d’où la nécessité de dispositifs itinérants.
  • La prise en charge psychologique et psychiatrique des gens de la rue.
  • Les migrants originaires de pays en guerre ou en crise dont les perturbations post-traumatiques sont d’un ordre différent selon l’une ou l’autre des causes du départ.
  • La « barrière linguistique et culturelle », qui nécessite un interprétariat pour assurer l’accompagnement.
  • La coordination des acteurs de santé et des parcours de santé des personnes démunies est également un enjeu pour les associations, les individus et le système de santé.

Toutes les personnes dont nous parlons ont des besoins affectifs, sanitaires, nutritionnels, sociaux et culturels, toutes ont des difficultés relationnelles, existentielles qui s’ajoutent aux difficultés économiques, et qui transforment leur état de santé en parcours du combattant ou en désert.

Car chez les plus fragiles, on constate un taux élevé de non-recours aux droits et aux soins. Ajoutons à cela que cette sorte de maltraitance permanente entraîne une diminution de l’espérance de vie.

Un autre paramètre intervient désormais : la diminution de la durée d’hospitalisation. Les patients « ordinaires » terminent les soins chez eux et leur convalescence s’effectue sous la surveillance de personnel médical et paramédical libéral.

Mais que faire pour les sans-abri, les mal-logés, les isolés, les gens en errance… ?  

C’est dans ce contexte que l’UDV  « a développé le concept de clinique sociale de rue, qui permettrait de prendre en charge les individus dans leur globalité en considérant l’ensemble des déterminants de la santé. » (Cité en septembre 2017 lors de l’élaboration du Praps).

Acteurs et Projets

Aux côtés des acteurs de terrain que sont ses associations membres, l’équipe d’animation de la Mission santé du réseau de l’UDV se compose de :

  • Paul Castel, ancien directeur de l’ARS Paca, référent santé au Conseil d’Administration de l’UDV.
  • Emeline Rococo, chargée de mission santé depuis le 1er avril 2017.

Ce duo est soutenu par :

  • Ludovic Teillard, secrétaire général de l’UDV.
  • Dalila Bouchenak, assistante de direction.

En 2017, sept projets ont mobilisé la Mission Santé :

  • L’action Sport-Santé aux Amis de Jéricho.
  • La coordination médicale portée par Promo-Soins Toulon et Fréjus.
  • Le souhait d’harmonisation des bases de données.
  • Promo-Soins itinérant en Provence verte, avec Provence Verte Solidarités.
  • Le développement professionnel continu pour les professionnels de santé bénévoles, pour les 4 Promo-Soins (auquel jusqu’à présent seuls les salariés peuvent prétendre).
  • Un groupe d’entraide mutuelle (Gem) pour adultes atteints de déficience mentale, avec la Maison de Georges.
  • Une extension des ateliers nutrition santé à Amitiés Cité.

Concernant plus précisément la CPO, Emeline Rococo précise que « l’évaluation sur 4  ans permettra de développer des projets en commun, avec efficacité et cohérence, et de s’interroger ensemble sur les points qui rassemblent, malgré et avec les spécificités de chacun. Par exemple, la prise en charge des migrants est un sujet ardu et pour cela il faut travailler et s’interroger ensemble ».

En toutes choses, il convient de savoir hiérarchiser les priorités et de mutualiser les compétences. On bénéficie ainsi de toutes les qualités des intervenants pour déterminer ce qui est possible et le réaliser ensemble.

Agir plus, agir mieux

Le souci de la santé englobe de nombreuses composantes tels que le logement, le travail, l’action sociale et autres, parce que tout ce qui touche, de près ou de loin, à la vie de chacun a un impact sur la santé.

Nous savons, pour l’avoir constaté autour de nous, qu’un événement grave, inattendu peut déclencher une maladie sous-jacente et la faire évoluer très vite. Alors, encore plus, dans la vie des plus fragiles, des plus démunis d’entre nous. Voir ci-dessous le schéma des déterminants de la santé :

La Mission Santé s’emploie à travailler sur les causes de cette pauvreté grandissante aux multiples facettes. Mais pour cela, il est indispensable de coordonner les actions avec une extrême rigueur,  ne serait-ce que pour faciliter un tant soit peu le quotidien de ces existences démolies.

On passe alors de la notion de projet utilitaire à celle de projet humain qui va aborder toutes les dimensions de l’homme.

C’est une prise de hauteur indispensable qui crée une dynamique commune dans laquelle chaque intervenant ne se retrouve plus seul avec ses difficultés et ses charges.

Ce partage d’idées et d’expériences permet, non seulement de soutenir et réaliser un projet mieux et plus rapidement, mais aussi d’éliminer ce qui est sans importance. Pour celui qui est accueilli, son mieux-être physique et mental lui apportera un mieux-être social.

Partager, définir, approfondir et puis mettre en œuvre…

Laissons à Gilles Rebêche, diacre et cofondateur de la Diaconie du Var le mot de la fin :

« Résister à la méfiance et aux a priori, résister à la peur de l’autre, résister à la désespérance et au fatalisme est, à n’en point douter, la toile de fond de tous nos projets associatifs de la diaconie. »

Par Aline Racheboeuf, auteure bénévole à IOTA.

Pour aller + loin

Témoignage d’Émeline Rococo, chargée de mission santé

« La mission santé au sein du réseau de l’UDV est intéressante à plusieurs titres, mais elle est également un challenge. Tout d’abord, la problématique en elle-même et la population auprès de laquelle l’ensemble des associations du réseau s’impliquent est une formidable opportunité en santé et peut ainsi être exemplaire, et transposable, dans le sens où elle nous force à penser la santé dans sa globalité.

En effet, comme il est rappelé dans l’article, les principaux facteurs qui influencent la santé des individus se trouvent en dehors du système de santé.

Bien que l’ensemble des spécialistes s’accordent sur ce fait, les changements de politiques et de positionnements pour l’amélioration de la santé des populations sont longs à mettre en place. Ils sont de plus en plus mis en avant notamment dans la stratégie nationale de santé, mais restent à être davantage développés sur le terrain. Tous les accompagnements réalisés auprès des personnes les plus démunies ont dû intégrer cette vision et en sont d’autant plus des modèles inspirants.

Par ailleurs, l’un des enjeux de la mission santé repose sur la coordination des acteurs de l’UDV. Cette fédération d’acteurs ne se réalise évidemment pas sans difficultés, mais elle permet d’être plus forts ensemble, d’augmenter l’impact des actions, de promouvoir les valeurs et le travail effectué par chaque acteur.

J’ajouterais aussi que malgré la spécificité des actions développées il ne faut pas oublier de rester vigilants sur les évolutions du système de santé global. En tant qu’acteurs de terrain via nos associations membres, nous avons un rôle de plaidoyer et de remontée d’informations auprès des décideurs.

Pour conclure, cette mission de santé auprès des plus démunis est enrichissante tant il y a de possibilités d’actions, de politiques et d’évolutions à prendre en compte ! »

Quelques sigles cités dans l’article

ARS : Agence Régionale de Santé
ACT : Appartement de Coordination Thérapeutique
CPAM : Caisse primaire d’Assurance Maladie
CADA : Centre d’Accueil des Demandeurs d’Asile
CPO : Convention Pluriannuelle d’Objectifs
COG : Convention d’Objectifs et de Gestion
CODES : Comité Départemental d’Education pour la Santé
COPIL : Comité de Pilotage
CAO : Centre d’Accueil et d’orientation
CHITS : Centre Hospitalier Intercommunal de Toulon La Seyne
EPAFA : Education, Promotion et Accueil des Familles
ESP : Espace de Santé et de Proximité
EHPAD : Etablissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes
EMPS : Equipe Mobile Précarité Santé
GHT : Groupement Hospitalier du Territoire
ISA : Initiatives Solidaires Azuréennes
INSEE : Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques
PRAPS : Programme Régional d’Accès à la Prévention et aux Soins pour les plus démunis
SAT : Solidarité Aire Toulonnaise

« Clinique sociale de rue » : un concept développé par l’UDV

Contexte

Les personnes en situation de précarité sont confrontées à l’exclusion, la marginalisation et font face à différentes problématiques imbriquées :

  • santé (physique, mentale, sociale)
  • logement
  • revenus
  • accès aux droits, aux soins
  • rupture avec les lieux classiques de prise en charge…

Le projet de « clinique sociale de rue » a pour objectif d’améliorer l’accompagnement et l’aide aux personnes en situation de précarité par la prise en compte de l’imbrication de l’ensemble des déterminants affectant la santé des individus.

Définition

La notion de « clinique » fait référence au fait de prendre en charge le patient « au pied de son lit » et le « social » comprend l’ensemble des conditions de vie. La notion de « rue » couvre, quant à elle, les personnes à la rue au sens large (rue, squats, mise à l’abri provisoire etc.).

Ce projet repose donc sur :

  • la coordination entre les intervenants pour assurer la cohérence des actions tant au niveau global qu’au niveau de la personne;
  • l’observation et l’aller vers;
  • l’amélioration des conditions de vie, la prévention et la continuité du soin dans une logique de recherche de solution pérenne.

Ressources et acteurs

Cette « clinique » relie tous les acteurs de l’accompagnement des personnes en situation de précarité et repose ainsi sur l’ensemble de leurs moyens techniques et humains. L’approche est pluri-professionnelle, interdisciplinaire et citoyenne.

Ce travail en commun permet d’élaborer un « plateau technique » coordonné qui couvre l’ensemble des aspects de la problématique des personnes en situation de précarité (ensemble des déterminants de la santé).

Lieux d’intervention

Elle comprend différents lieux d’intervention : à la rue, au sein des lieux d’accueil, des hôpitaux, des centre de soins, des lieux institutionnels etc.


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    Il y a sûrement mille manières de parler de la coupe du monde de football mais elle restera pour moi un exemple intéressant d’une belle aventure humaine : c’est une aventure assez longue, une route difficile que l’on découvre match après match et dont on ne connaît pas l’issue, même si on en espère une, bien sûr, le succès. ....

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