Saint-Raphaël : ambiance fraternelle à la Maison de la Lauve !

Non classé La maison de la Lauve, par Patrice Texier, photographe professionnel

La maison de la Lauve, par Patrice Texier, photographe professionnel

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Localisée dans la ville de Saint Raphaël, la Maison de la Lauve héberge une quinzaine de personnes sans-abris. Mise à disposition par la Communauté d’agglomération, elle est gérée par l’association Les Amis de Paola, membre du Pôle territorial de l’UDV : Solidarités Est Var (SEV). Nous nous sommes rendus sur place.

Cette maison propose un hébergement durable aux personnes Sans Domicile Fixe. Entre 15 et 16 personnes, hommes et femmes, sont logés dans la résidence, sise dans une zone pavillonnaire, au n°1201 du chemin de la Lauve. Ce type d’hébergement permet aux résidents de se poser et de reprendre leur souffle, de se reconstruire après une vie marquée par l’errance ou les difficultés de toutes sortes (maladie, rupture conjugale, licenciement, addiction, désocialisation…).

Elles y bénéficient d’un accompagnement social qui leur permet de retrouver leurs droits (sécurité sociale, chômage, RSA, situation administrative…), d’une domiciliation (pour avoir une adresse),  et de la possibilité de construire un projet, pour s’’insérer professionnellement ou pouvoir habiter dans un logement autonome.

La Maison de la Lauve est située dans une zone pavillonnaire à Saint-Raphaël

La Maison de la Lauve est située dans une zone pavillonnaire à Saint-Raphaël

Cet hébergement durable, qualifié de « stabilisation », est le gage de la remise en route des personnes ayant connu des accidents de parcours et des grandes difficultés. Ouvert 365 jours sur 365 et 24h sur 24, il a pris le relai de l’hébergement « d’urgence », opérationnel notamment en hiver, qui ne permettait pas ce travail d’accompagnement au long cours.

En ce sens, la Maison de la Lauve se rapproche de la Résidence Solidaire Les Favières, à Toulon, elle aussi gérée par une association membre de l’UDV : Solidarités Aire Toulonnaise (Sat), Pôle territorial. La résidence des Favières est un hébergement de « stabilisation », ouvert aussi toute l’année, qui accueille 38 personnes, hommes et femmes.

Revenons à Saint-Raphaël

Nous avons pu rencontrer des résidents qui habitent la Maison de la Lauve. Tous ceux que nous avons rencontrés s’accordent pour dire que ce lieu d’accueil est un « cocon » chaleureux, qui propose un hébergement confortable et à taille humaine, de type familial. « Ici c’est un tremplin pour rejoindre la société, si on le veut », nous explique Dominique, accueilli dans la maison depuis un bon mois. « Heureusement que ce type de lieu existe, il me permet d’envisager un avenir serein. Ici l’ambiance est fraternelle, c’est comme une grande famille », ajoute-t-il.

Les chambres ont été réaménagées et accueillent en moyenne 4 personnes, où ces dernières bénéficient d’un coin privatif. Les personnes accueillies peuvent prendre leurs repas dans la maison, du petit déjeuner jusqu’au dîner. L’équipe veille à ce qu’ils soient variés et équilibrés, pour la bonne santé des résidents.

Certains repas sont préparés en commun : c’est un moment important d’échange et de convivialité, qui contribue à animer la vie collective. Des bénévoles font la « ramasse » dans les supermarchés des environs plusieurs fois par semaine. Le dimanche, certains d’entre eux préparent, apportent et partagent le déjeuner avec les résidents.

L'intérieur d'une chambre à la Maison de la Lauve

L’intérieur d’une chambre à la Maison de la Lauve

Sur place nous rencontrons Éric, d’origine Belge, qui auparavant fréquentait l’accueil de jour toulonnais Les Amis de Jéricho. Venu à Saint-Raphaël pour jouer un rôle de figurant lors d’un tournage, il a fini par poser ses valises à « la Lauve ». Tout en expliquant « qu’ici il y a des points positifs et négatifs, comme dans tout lieu d’accueil », il est fier de nous partager une heureuse nouvelle : celle de son proche retour à l’emploi !

Il va travailler en contrat aidé pour Clarisse Environnement. Cette association d’insertion par l’activité économique (IAE), propose à la fois des chantiers d’entretien d’espaces verts, ruraux et forestiers, pour le compte de 8 communes et 3 Communautés de Communes de l’Est Var, et un Atelier de ressourcerie. Son contrat est de 6 mois renouvelables, peut durer jusqu’à 2 ans, et lui rapportera 600€ par mois pour 90h travaillées. « C’est 600 fois plus que ce que je gagne aujourd’hui », explique-t-il avec malice, tout en reconnaissant que ce n’est pas « Byzance ».

Eric aimerait bien travailler davantage pour augmenter ses revenus, mais il se trouve handicapé, n’ayant pour seul moyen de locomotion que « sa BM double pieds », comme il dit avec humour !

Josiane Ivaldi, directrice de l'association gestionnaire de la Maison, Les Amis de Paola

Josiane Ivaldi, directrice de l’association gestionnaire de la Maison, Les Amis de Paola

L’équipe salariée de la Maison est composée de 6 personnes présentes sur le site. Des postes sont mutualisés, comme celui d’une assistante sociale qui intervient dans les différentes associations de l’UDV du secteur. Les bénévoles sont environ une vingtaine. Salariés comme bénévoles, tous disent que « la Lauve » permet de « donner du temps au temps ». En effet, l’hébergement dans la durée permet aux personnes accueillies d’avoir le temps de se reconstruire.

La présence des bénévoles joue un rôle inestimable. L’un d’eux explique combien il est précieux d’écouter et dialoguer avec les personnes accueillies, quitte parfois à servir de « déversoir » de toutes les souffrances endurées. Bien souvent, les personnes vivant à la rue n’échangent qu’avec leurs « pairs » ou les travailleurs sociaux. Le bénévole présente l’avantage d’être le « tiers écoutant ».

L’un d’eux nous confie que son bénévolat auprès des plus fragiles lui a appris l’humilité. Il faut garder présent à l’esprit que« la main qui donne est toujours au-dessus de celle qui reçoit ». Puis il tient à nous partager cette phrase adressée par Saint-Vincent de Paul à une religieuse :

« La route sera longue, les marches raides et les pauvres bien ingrats. Tu verras bientôt que la charité est plus lourde à porter que le broc de soupe et le pain. Mais tu garderas ta douceur et ton sourire. Ce n’est pas tout de donner le bouillon et le pain. Cela, les riches peuvent le faire. Mais tu es la petite servante des pauvres. Ils sont tes maîtres, des maîtres parfois très exigeants. Tu l’apprendras vite. Plus ils seront repoussants et sales, injustes et grossiers, plus tu devras leur donner de ton amour. Ce n’est que par ton amour, ton amour seul, que les pauvres te pardonneront le pain que tu leur donnes ».

 Par Christophe Parel, avec l’équipe de la Maison de la Lauve


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