Rencontre avec Pascal Brouillet : nouveau président du CAAA

Fondé il y a 35 ans par des Sœurs Blanches dans le centre historique de Toulon, le CAAA cœur de ville est une association connue des Toulonnais et des étrangers qui arrivent dans la région. Ses missions sont d’accueillir, alphabétiser et animer ; son objectif est d’aider les étrangers à s’intégrer. IOTA a rencontré Pascal Brouillet, son tout nouveau président.

Pascal Brouillet, un homme d’engagement

Pouvez-vous vous présenter, nous dire d’où vous venez et quel est votre parcours de vie ?

« Je suis né à Cayenne, en Guyane Française, ce qui n’est pas très original pour un fils de militaire !  J’ai été formé à l’école de Saint-Cyr Coëtquidan, puis j’ai été officier dans la Gendarmerie pendant 16 ans.

J’ai commandé d’abord en Gendarmerie Mobile, puis 2 compagnies, composées respectivement de 70 et 170 hommes, de Gendarmerie départementale dans le Loiret. J’ai ensuite été affecté à la Direction générale, au bureau des officiers de la Gendarmerie Nationale.

Puis j’ai quitté la Gendarmerie Nationale en 1989 pour l’Education Nationale. Titulaire d’une maîtrise d’histoire, j’ai alors enseigné comme professeur d’histoire géographie dans des lycées « compliqués » du Val de Marne, comme celui de Champigny.

Une des principales missions du CAAA : enseigner

Ensuite j’ai obtenu l’agrégation d’histoire et j’ai soutenu une thèse. A partir de 2003, j’ai enseigné dans le Supérieur à l’Université Paris 2, j’ai également été maître de conférences à Sciences Po Paris, et j’ai donné des cours à l’Ecole des officiers de la Gendarmerie et aussi en classe préparatoire à Cergy, dans le Val d’Oise.

En 2013, mon épouse qui était professeure de lettres est tombée gravement malade. Je me suis alors mis en retraite pour m’occuper d’elle. Comme ma femme est toulonnaise d’origine, nous sommes venus nous installer dans le Var en 2015.

J’ai 65 ans, 41 ans de mariage, 4 enfants dont 2 garçons et 2 filles et 7 petits enfants !

Qu’est-ce qui vous a conduit jusqu’au CAAA et comment en êtes-vous devenu le président ?

Lorsque nous avons emménagé à Toulon, mon épouse souhaitait continuer à faire du soutien scolaire. Grâce à mon gendre, qui est un ami du fils de Dominique Le Pennec, présidente du CAAA depuis de nombreuses années, nous avons entendu parler du CAAA.

En 2015, mon épouse s’est engagée au CAAA pour faire du soutien scolaire, et je l’ai suivi en 2016. J’y donne notamment un cours d’enseignement de la citoyenneté française aux étrangers.

Nous avons également monté un cours d’histoire pour les étrangers qui désirent devenir Français.

Plus récemment, je suis entré au conseil d’administration de l’association et Dominique Le Pennec, présidente depuis 2010, m’a demandé de lui succéder.

J’ai accepté tout en expliquant que j’avais également pas mal d’autres choses à gérer en parallèle de cet engagement associatif. Et cela les autres membres du CA l’ont bien compris et accepté, ce qui fait que je ne pars pas seul dans cette aventure !

Quel regard portez-vous sur le CAAA et quel rôle remplit-il selon vous ?

Le CAAA cœur de ville est une association qui fonctionne bien avec une ambiance fort sympathique. Nous constituons vraiment une équipe, ce n’est pas seulement une juxtaposition de personnes.

La plus grosse partie de notre activité c’est l’alphabétisation et l’intégration des étrangers.  En ce moment c’est un petit peu plus difficile pour ce qui concerne le soutien scolaire.

Les conditions matérielles ne sont pas évidentes, nos locaux ne sont pas très adaptés mais heureusement tout le monde y met de la bonne volonté, nous constituons une sorte de petite famille !

La concentration des « élèves adhérents » est bien souvent la clef du succès

Notre mission est d’apporter tout ce que nous pouvons à celles et ceux que nous accompagnons pour qu’ils puissent avoir la possibilité de s’intégrer parfaitement dans notre société.

Le soutien scolaire permet aux enfants de progresser et il aide également les parents à comprendre le système français.

L’alphabétisation permet d’intégrer les étrangers et les immigrés dans la société française via l’apprentissage de notre langue, de notre culture, la connaissance de nos institutions…

Le CAAA joue un rôle social et citoyen majeur !

Sur un plan plus personnel, après avoir enseigné dans des milieux compliqués en région parisienne, cela nous a paru normal à mon épouse et moi de continuer à rendre tout ce que nous avons reçu.

Nous avons eu la chance de pouvoir aider nos enfants, désormais nous aidons aussi les autres et cela nous semble normal.

Nos convictions chrétiennes sont également à la racine de cet engagement et marquent nos choix.

Après mon passage par la Gendarmerie, on me proposait un poste dans le privé beaucoup plus lucratif que l’enseignement mais pourtant j’ai choisi d’enseigner. Il est important de donner une utilité et un sens à son métier et à son engagement.

Selon vous, quels sont les défis que doit relever le CAAA ?

La force du CAAA est l’engagement des bénévoles et la symbiose qui existe entre les bénévoles et les personnes que nous recevons. C’est la force de l’équipe et en tant qu’ancien rugbyman, je suis particulièrement attaché à cet esprit d’équipe.

Les faiblesses du CAAA ne lui sont pas dues : c’est un manque de moyens matériels, des difficultés à trouver des financements, nos locaux trop exigus…

Pour toutes ces raisons et nous le déplorons, nous sommes obligés de mettre les personnes intéressées par nos services sur liste d’attente…

Il nous faudrait environ 10.000€ supplémentaires dans notre budget annuel. Nous pourrions mieux rémunérer nos 2 salariées et agrandir nos locaux.

A la clef, pour récompenser les efforts entrepris, l’obtention d’un diplôme pour plusieurs dizaines d’élèves chaque année

Malgré ces difficultés, 70 à 80 adhérents ont obtenu un diplôme en 2018 !

Je viens d’arriver comme président depuis l’assemblée générale au mois d’avril.

Dans un 1er temps je vais m’attacher à consolider l’existant et pérenniser un certain nombre de choses avant de développer. Il nous faut veiller à maintenir l’équilibre entre l’existant et le développement de nouveaux projets.

Je pense que le développement de notre association doit avoir comme objectif principal d’être en capacité d’accueillir toutes les personnes qui souhaitent s’inscrire.

Je suis bénévole depuis 3 ans et président depuis moins d’1 mois, je suis donc très prudent.

Dominique Le Pennec a fait un travail formidable en tant que présidente. Les personnes m’ont fait confiance en me confiant ce rôle donc désormais c’est à moi d’en être digne. En effet, la confiance n’est pas un chèque en blanc, elle se mérite de part et d’autre ! »

Propos recueillis par Christophe Parel, responsable communication de l’UDV.

Pour aller plus loin

Consulter notre reportage sur le CAAA publié il y a tout juste un an

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Contacter l’association : 

CAAA Cœur de ville
Traverse des Capucins
83000 TOULON
04 94 62 07 67
[email protected]


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