Epafa a fêté ses 30 ans !

L’association Epafa (Education, Promotion et Accueil des Familles), basée à Fréjus et qui intervient notamment dans les quartiers populaires de La Gabelle et de l’Agachon, a fêté ses 30 ans mercredi 14 novembre. L’occasion de faire mémoire de ses 30 ans d’histoire et de dessiner le cap pour les années à venir.

 A cette occasion, IOTA a interviewé Marie Bouthéon, directrice de l’association, pour qu’elle nous parle des actions menées par Epafa.

 Peux-tu te présenter, nous dire d’où tu viens et quel est ton rôle au sein d’Epafa ?

 Je suis engagée au sein d’Epafa depuis septembre 2017, soit un peu plus d’un an. Je suis nouvelle venue dans la région et dans le milieu social. Ma rencontre avec Epafa est le fruit de la Providence, suite à une rencontre avec Gilles Rebêche. Et c’est avec joie que j’ai repris la direction de cette belle association ! Epafa est une association « coup de cœur » car elle s’occupe de sujets qui me passionnent et qui sont liés au sujet de la famille. Sur le plan personnel, je suis mariée et mère de 3 garçons forts dynamiques, âgés de 11, 7 et 5 ans. Avant de venir dans le Var, nous avons passé 2 années en famille sur l’île de Madagascar où nous avons accompli une mission de volontariat international avec l’IECD (Institut Européen de Coopération et Développement).

Peux-tu nous rappeler quelles sont les principales missions d’Epafa ?

La mission principale est d’accueillir les personnes quelles que soient leur origine, leur histoire et leur situation pour favoriser leur intégration dans la société. Epafa fait le pari de lutter contre les difficultés sociales en créant du lien. Il s’agit de tisser des relations au sein de la cellule familiale et entre les personnes, les communautés, les quartiers… L’idée est que les gens apprennent à se connaître pour qu’il n’y ait plus de barrières entre eux. Notre association est là pour aider à briser le cercle vicieux de la solitude, et apporter un soutien moral et du réconfort aux personnes. Pour résumer, on pourrait dire qu’Epafa remplace la famille que les personnes n’ont pas !

Le traditionnel gâteau d’anniversaire et ses bougies !

Concrètement, cela passe principalement par l’apprentissage du français et la découverte de notre société avec ses codes, ses valeurs, son histoire… ce qui n’est pas toujours une mince affaire ! Nous accompagnons prioritairement les familles qui sont en difficulté sociale. Comme je l’ai déjà évoqué, l’idée est de recréer un esprit de famille pour aider chacun. Ce qui me plait dans le travail associatif, c’est d’accueillir chacun comme il est. En ce sens, notre travail est comparable à ce qui se vit au sein d’une famille : s’intéresser à chacun et l’aider à grandir et s’épanouir !

Peux-tu détailler la palette des services proposés par Epafa ? 

Nos activités se répartissent en 3 pôles : un pôle lien social, un pôle familial et un pôle environnement.

Concernant le lien social, Epafa propose des ateliers sociaux-linguistiques (visant à favoriser l’apprentissage du français et faire découvrir la société), une médiation sociale avec un adulte relais proche des écoles et du quartier de La Gabelle (aide au montage de micro- projets), un projet en partenariat avec le Centre social et le Secours Catholique (pour favoriser l’intégration avec la mise en place de projets et pour développer la mobilisation citoyenne), une activité forme et bien-être pour aider les femmes à développer leur confiance en elles (objectif limiter la sédentarité et favoriser une bonne alimentation).

Du côté du pôle familial, nous venons d’inaugurer un lieu d’accueil enfants/parents, appelé « Le Petit Pont d’Epafa », où les parents avec enfants de 0 à 6 ans sont les bienvenus. Les enfants peuvent y jouer avec leurs parents, avec les autres enfants sous le regard bienveillant des accueillants qui accompagnent ce qui se vit dans ce lieu. C’est un endroit qui permet aux enfants de s’intégrer et se socialiser en apprenant le vivre-ensemble, et aux parents de rompre l’isolement et d’être entendu dans leurs questionnements. Nous travaillons en réseau avec les acteurs de la petite enfance. Nous emmenons aussi parfois des familles à la ferme ou en extérieur pour leur permettre de vivre leurs relations dans un cadre différent. Leurs repères ainsi changés permettent parfois de faire bouger les lignes entre parents enfants et de débloquer des situations parfois conflictuelles.

Enfants et adultes étaient invités à peindre des cailloux.

Nous proposons des activités aux familles avec des enfants en âge du primaire le mercredi et pendant les vacances scolaires : il s’agit de leur permettre de vivre des bons moments en famille, des « moments fondateurs », ceci pour recréer du lien au sein de la cellule familiale. L’idée est que les familles passent du temps ensemble autour d’activités du quotidien telles que le bricolage, les sorties au parc, à la ferme, à la bibliothèque, au théâtre… Nous visons à favoriser le développement des interactions, le faire-ensemble, la mise en mouvement.

En collaboration avec l’école du quartier nous accompagnons les familles en rupture avec l’école dans le suivi de la scolarité de leurs enfants. Notre fil conducteur est que les parents soient pleinement acteurs de l’éducation de leurs enfants, au sens de « l’empowerment » anglo-saxon. Il s’agit de recréer la dynamique parents/enfants. Enfin, nous accueillons les enfants de moins de 3 ans pendant les cours de français de leurs mamans. Ainsi, nous travaillons à développer la socialisation des petits, nous sensibilisons leurs mamans à la séparation…  C’est aussi un lieu d’échange sur les difficultés familiales.

Le pôle environnement se déploie à la Ferme pédagogique des Esclamandes, même si les choses risquent d’évoluer rapidement en raison de difficultés financières. Nous y menons des actions de sensibilisation à l’environnement en accueillant des groupes scolaires, des actions d’intégration par l’environnement avec l’accueil de groupes de personnes en situation de handicap, et nous sensibilisons le grand public qui vient y acheter les produits, les œufs… Sur place, 3 outils nous permettent de développer ces actions: un pôle animalier, le potager et la serre, et le travail de la canne de Provence.

Moment symbolique : la plantation d’un olivier devant la paroisse du quartier de La Gabelle.

Combien de personnes sont impliquées et combien bénéficient de vos services ?

 Sur le site du Sacré Cœur, nous accueillons quelque 300 adultes et 250 enfants chaque année. Pour cela, nous comptons sur une cinquantaine de personnes impliquées : 7 salariés et environ 40 bénévoles.

Epafa vient de fêter ses 30 ans, peux-tu nous dire quels ont été les moments marquants de cette journée ?

 Ça a été une belle fête, il y avait beaucoup de monde, nous étions tous très heureux d’être ensemble ! Tout le monde s’est impliqué, les mamans du quartier avaient préparé le goûter… Un moment fort a été la plantation d’un olivier devant la paroisse. Cette journée nous a permis de faire mémoire de l’histoire de notre association et aussi de dessiner le cap que nous souhaitons lui donner pour les années à venir : une grande ouverture aux diverses cultures et un fort ancrage dans la vie de la paroisse qui nous accueille.

Tu es donc confiante pour les années à venir ?

 Epafa a traversé des moments difficiles ces dernières années, et si l’association a repris autant de vigueur, c’est la preuve qu’elle répond aux besoins des habitants du quartier. Toutes les personnes impliquées, bénévoles comme salariés, ont envie d’avancer. Trois jeunes femmes compétentes et motivées ont été recrutées récemment, ceci me laisse pleine d’espoir, c’est chouette !

Pour revivre la journée, lisez le reportage de Var Matin

Voir l’article de Var Matin consacré à l’inauguration du Petit Pont d’Epafa

Portraits photo et questionnaire de Proust

A l’occasion de cet anniversaire, de nombreuses personnes engagées au sein d’Epafa ont été prises en photo par Yves de Kermel, bénévole passionné de photographie. De plus, chacune d’elle était invitée à répondre à un « questionnaire de Proust » ou « portrait chinois », permettant aux uns et aux autres de mieux se connaitre.

Nous vous laissons découvrir le résultat en mots et en images !

Propos recueillis par Christophe Parel, illustration et mise en page par Delphine Dumont.


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    Que de bruits ces temps-ci dans la presse qui annonce jour après jour le feu, la destruction ou la mort ! La Pâque est rude. Mes amis, il est vrai et c’est bien heureux, qu’elle poursuit souvent en proposant l’espérance avec Résurrection, réparation ou reconstruction....

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