Pour une culture de l’Alliance

Il y a quelques jours à peine, j’ai eu le bonheur d’être témoin d’un événement associatif qui m’a beaucoup impressionné. Devant le local du CAAA (Comité Accueil Animation Alphabétisation) à Toulon cœur de ville, plus d’une quarantaine de personnes issues de pays très différents (Syrie, Ukraine, Afghanistan, Tunisie, Algérie, Côte d’Ivoire, Guinée, Cameroun, Brésil, Chili-Ile de Pâques…) recevaient leur premier diplôme d’initiation à la langue française.

Certains brandissaient devant la foule leur diplôme avec des larmes aux yeux, larmes de joie et de soulagement après l’effort. Leur terre d’exil devenait un peu plus habitable grâce à l’hospitalité de la langue française. Le centre-ville de Toulon revêtait ses plus beaux atours dans le regard bienveillant et plein de fierté partagée de tous les professeurs bénévoles qui les applaudissaient et les embrassaient.

Devant cette joie exposée et ces félicitations mutuelles, je goûtais le plaisir de savourer cette culture d’alliance si précieuse pour le bien de tous.

La culture d’alliance est un métier à tisser où se nouent, dans l’harmonie de la convivialité, le fil de la rencontre avec celui du dialogue, celui de la patience, du pardon et de la réconciliation, avec le parti pris positif sur la capacité que nous avons tous à bien vivre ensemble quelles qu’en soient les difficultés à assumer.

C’est probablement cette culture d’Alliance qui a inspiré la naissance d’Exil et Humanisme, cette même culture d’Alliance qui suscite au sein de la Maison Phanuel tant de créativité et de bien-être. C’est sûrement elle qui permettra à l’Union diaconale du Var de vivre sa nouvelle mue pour être toujours plus ajustée aux défis du moment. Ce n’est pas la première fois que l’UDV doit s’adapter aux enjeux de la société et de l’église.

Plusieurs citations et affirmations ont jalonné son histoire : « seul on va plus vite, ensemble on va plus loin ! », « s’unir pour mieux servir, c’est le premier réflexe de survie quand la pauvreté des moyens pousse à l’imagination », « sans une approche globale, cohérente et prospective, la lutte contre l’exclusion sociale reste une juxtaposition de réponses certes généreuses mais vite à bout de souffle ».

Ceci dit, les citations ne suffisent pas pour comprendre la culture d’Alliance qui ne se limite pas à une mutualisation des moyens et à une coordination des actions. La culture d’Alliance est un état d’esprit, une forme de sagesse de l’action, une spiritualité de l’engagement social, une manière d’être qui exige de l’humilité, de la confiance mutuelle, de l’échange de consentements, de la réflexion commune, du temps pour la relecture et le pilotage coopératif des actions, de la passion pour la démarche participative avec les plus faibles et de l’entrain pour la rencontre et les Visitations sur place…

…la culture d’alliance fait de nos histoires complexes et parfois compliquées des histoires saintes.

C’est ce que cherche à vivre l’ensemble des associations qui constituent l’UDV en ces temps difficiles.

Puisse la démarche des résidents, travailleurs sociaux et bénévoles de la Résidence solidaire Les Favières, qui ont décidé de partir ensemble sur les chemins de St Jacques de Compostelle, nous stimuler à nous mettre en route nous aussi tous ensemble pour redécouvrir la culture d’Alliance. Bonne route !

Diacre Gilles Rebêche

 


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