30 ans de Jéricho : une journée particulière

Non classé Mot laissé à l'occasion des 30 ans de Jéricho, le 4 novembre 2015

Mot laissé à l’occasion des 30 ans de Jéricho, le 4 novembre 2015

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Le plus ancien accueil de jour Toulonnais, Les Amis de Jéricho, a fêté son trentième anniversaire le 4 novembre dernier. Aline Racheboeuf, reporter bénévole à Iota et néophyte dans le réseau de l’UDV a participé à l’événement. Avec son œil neuf, elle nous livre son récit d’une « journée particulière »

Il est 10 heures lorsque j’arrive au 319 avenue du Colonel Picot, dans le quartier Saint-Jean du Var à Toulon. La pluie s’est arrêtée et le soleil commence à se faire une place pour le reste de la journée, souhaitons-le ! Car l’anniversaire longuement préparé et qui se concrétise aujourd’hui n’est pas un jour comme les autres : 30  ans, c’est un grand pan de vie, c’est 360 mois de rencontres, 1 560 semaines d’accueil et quelque 10 957 jours de partages ! Les chiffres parlent d’eux-mêmes quand ils revêtent le manteau de la solidarité. Alors, en cette matinée, ils sont venus, ils sont tous là, les accueillis, les accueillants…

ENSEMBLE, ils forment une foule animée, chaleureuse et attentive.

Je me sens intimidée, toute petite, mais le sourire de Gilles Rebêche (à l’origine des Amis de Jéricho NDR) me rassure ! Ca y est, moi aussi, me voilà accueillie… et pour moi, c’est le premier cadeau de la journée. Puis il y aura Bénédicte, Raymonde, Marie, Georges, Christophe et tous les autres pour qui je vais mettre un certain temps à associer visage et prénom !

Tout le monde se dirige vers le porche où la fresque des Amis de Jéricho va être dévoilée. « 30 ans, ça fait une paie »  dit quelqu’un dans mon dos. « Et t’as vu le dessin ? (la fresque NDR), dit son copain,  il manque rien, pourtant c’est vachement simple quand on le voit… des types autour d’une table et puis ces 3 mots, en bas : accueil, solidarité, respect ».                             « Moi, rétorque le premier,  c’est ce mot là que je préfère : respect, parce que c’est quand on prend pas l’autre pour un rien du tout ».

« On prend pas l’autre pour un rien du tout »

Toute la journée va se résumer à cette phrase : « on prend pas l’autre pour un rien du tout » Après avoir admiré la fresque, on retourne dans la cour où l’on plante un amandier (symbole du veilleur dans la Bible NDR). Certes, il n’est encore que bois mais, comme tout projet, son heure venue, il fleurira : symbole de croissance, « celui qui se réveille » sera le premier à fleurir à la fin de l’hiver !

Puis c’est l’inauguration d’une salle « bien-être et santé », (financée par la Fondation Décathlon NDR), pour accompagner  la remise en forme des corps en même temps que des esprits, aider à sortir de soi-même et à se réapproprier sa vie. Tout un programme !

Un apéritif et un déjeuner-buffet sont une halte bien sympathique dans cette fête où l’on sent bien qu’ici tout est fait par amour de ceux qui viennent parce qu’ils sont sur le « fil de la vie », à la poursuite hasardeuse d’un retour à la vie d’avant.

fresque, réalisée par Samuel Payet, inaugurée le jour anniversaire des 30 ans de Jéricho

Tables rondes consacrées à l’insertion et au logement

Les deux tables rondes proposées l’après-midi, sur l’insertion et le logement ont été des moments forts : car les accueillis qui ont pris la parole l’ont fait avec vérité et  sincérité, à cœur ouvert. Chacun, en évoquant plus ou moins ouvertement son cas personnel laissait transparaître la lourdeur et les difficultés de ce qu’on appelle précarité. Il en a fallu du courage à un représentant du collectif varois La parole des Sans-Voix pour dire en face : « Monsieur le sociologue, s’il vous plaît, arrêtez d’utiliser des mots que personne ne comprend » !

Je crois qu’on a là touché du doigt ce « nouvel humanisme » dont parle le Pape François : celui qui se puise dans l’humilité et les Béatitudes et cherche le bonheur de ceux qui sont à nos côtés. On a entendu les intervenants dire :

« c’est aussi important d’avoir un toit que de manger »,
« rendons nous compte que les sans-abri sont des gens qui n’arrêtent pas de marcher  toute la journée»,
 « leur vie est un chantier permanent »,
 « il faut lutter contre le mal que l’homme fait à l’homme »…

A la fin de cette journée, j’ai eu l’impression de repartir différente. Pourtant, depuis tant d’années, je croyais avoir fait le tour de beaucoup de questions ! Mais la rencontre ne cessera jamais de nous émerveiller si nous savons regarder au fond des yeux ces visages si complexes de la misère et de la pauvreté et « nous accueillir les uns les autres comme des cadeaux ».

Par Aline RACHEBOEUF, reporter bénévole pour Iota

(pour lui écrire : [email protected])

Pour en savoir plus : lire l’article très complet publié sur le blog des Amis de Jéricho

 

 

 

 


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